Les images D'Eponine

Je m'attaque tant bien que mal à un nouveau chantier:
la restauration d'une vieille comtoise.
Un charmant monsieur passionné par tout ce qui touche aux horloges anciennes,
me l'a d'abord remise à l'heure,
calée pour que le mécanisme égrenne les secondes avec précision.
Il m'a appris les quelques rudiements nécéssaires à son bon fonctionnement.
Et la magie a opéré:
L'homme de la maison entendit alors défiler les secondes de son enfance!
Quant à moi, cela me rappela les visites, étant petite, à des grands- parents lointains chez qui il fallait bien se tenir, rester assis sagement pendant que les grands conversaient.
Je ressentais alors l'atmosphère si particulière des maisons pleines d'histoires où petit à petit la vie s'en va, laissant place à un silence que seul le tic tac de la pendule trouble.
Chaque objet m'impressionnait, j'avais le sentiment d'être dans une autre dimension,
les secondes duraient des heures,
les gestes étaient au ralenti...
cela suscitait en moi un respect muet.
Aujourd'hui, en découvrant ce tic-tac, Garance et Isaure ont été désapointées.
Elles ont trouvé ce nouveau venu bien impoli de faire tant de bruit.
J'ai souri en me disant qu'évidemment ce tic-tac insupportable n'évoquait rien pour elles, alors que cette intrusion sonore me plongeait dans des souvenirs charmants.
J'aime bien m'interroger sur la relativité des choses et des objets qui nous entourent... chacun d'eux raconte de belles histoires
Il suffit juste de tendre l'oreille, non?
